Cantique sur le retour de la religion et de la paix en 1802

Auteur(s)

Année de composition

1802

Genre poétique

Description

Quatrains d'alexandrins en rimes croisées

Mots-clés

Musique

Paratexte

Texte

Tant que j'habiterai le séjour des vivants,
Ma voix répétera : Gloire au Dieu que j'adore !
Il console mon âme au déclin de mes ans,
D'un siècle fortuné j'ai vu naître l'aurore.

J'ai vu le saint légat du Pontife romain,
Rétablissant les droits d'une église immortelle,
Accomplir dans nos murs cet oracle divin :
« Les portes de l'enfer ne pourront rien contre elle. »

J'ai vu le temple orné comme en ses plus beaux jours,
El le peuple, abjurant des erreurs passagères,
À la voix de l'airain sonnant du haut des tours,
Revenir aux autels consacrés par ses pères.

J'ai vu nos guerriers même et leur chef glorieux,
Proclamant du vrai Dieu l'universel empire,
Mêler avec respect leurs chants victorieux
Aux cantiques sacrés que l'orgue aime à redire.

J'ai vu, non sans pleurer, cet auguste vieillard,
Patriarche nouveau dont la cité s'honore,
Électrisant les cœurs d'un céleste regard,
Soulever son vieux bras pour nous bénir encore.

Enfin j'ai vu la paix et la religion
Couronner le héros, dont la main les seconde ;
Et, s'appuyant sur lui dans leur sainte union,
Préparer le bonheur de la France et du monde.

 
 

Sources

Almanach des Muses pour l'an XI, ou Choix des poésies fugitives de 1802, Paris, Louis, an XI, p. 135-163.