Hymne guerrier et patriotique

Auteur(s)

Année de composition

1794

Genre poétique

Description

Texte

Premier coryphée :

Dans la Grèce autrefois libre et républicaine,
Un enfant d'Apollon, un élève de Mars,
Musicien, poète et vaillant capitaine,
À servir son pays consacrant les beaux-arts,
Tyrtée, aux fiers accens de sa lyre enflammée,
Voyoit d'un saint transport s'embraser son armée,
La guidoit à la gloire et savoit l'exciter
Par cet hymne immortel que je vais répéter :

Je chante la valeur guerrière ;
C'est elle qui fait les héros :
Dans les jours de dangers, la république entière
Lui doit sa gloire et son repos.
Un vrai guerrier, pour sa patrie
Qu'il aime avec idolâtrie,
Brûle de prodiguer son sang ;
Il cherche le péril, il marche au premier rang ;
Il attaque, il s'élance ; il enfonce, il renverse ;
Il soulève ou retient les flots des combattans ;
L'ennemi sous ses coups tombe, fuit, se disperse ;
Et la victoire suit ses exploits éclatans.

Second coryphée : 

Il reçoit sans pâlir l'atteinte meurtrière,
Et bénit son destin à son heure dernière.
Son père, en le pleurant, ressent un juste orgueil.
Sa mort l'immortalise ; et la patrie en deuil
Inscrit son nom parmi les noms célèbres ;
Un appareil guerrier, et des hymnes funèbres,
Et des lauriers vainqueurs illustrent son cercueil.

Chœur :

Femmes, enfans, vieillards, venez ; suivons la cendre
Des héros morts pour nous, dans les champs de l'honneur ;
Ils diroient, en voyant les pleurs qu'ils font répandre
Mourir pour son pays, n'est-ce pas un bonheur ?

Une femme :

Mais si le guerrier intrépide
Échappe à Bellone homicide,
Après de longs travaux, au retour des combats,
Ses parens, ses amis se jettent dans ses bras ;
On s'empresse sur ton passage ;
Il lit dans tous les yeux un sentiment flatteur ;
À l'envi chacun rend hommage
À ce héros libérateur.
Comble des dons de patrie,
Au sein d'une famille et nombreuse et chérie,
Il verra doucement s'écouler ses vieux jours ;
Et sa gloire passée embellira leurs cours.

Chœur de femmes :

Ô vous qui nous sauvez d'un affreux esclavage,
Ô vous qui revenez vainqueurs,
Vos mères, vos femmes, vos sœurs
Pour qui vous combattiez, paieront votre courage ;
Le prix de vos exploits est au fond de nos cœurs.

Premier coryphée :

Allons : que tardez vous ? Partez, jeunesse oisive ;
D'odieux étrangers infestent cette rive ;
Partez ; allez punir leurs atroces forfaits ;
Marchez ; il faut choisir, la gloire ou l'infamie ;
Quand nous aurons chassé cette horde ennemie,
Quand les tyrans seront défaits,
Et la république affermie,
Nous reviendrons jouir des douceurs de la paix.

Chœur de jeunes guerriers :

Partons … Partons … Armez nos mains …
Aux armes ! … Liberté ! … C'est toi qui nous enflammes !
Tremblez, tyrans inhumains
Et vous, satellites infâmes ;
Vous serez écrasés par des républicains.